LE BREXIT : la démocratie, l'europe & le droit des travailleurs...

Les peuples du Royaume-Uni se sont donc prononcés par voie de référendum à l’initiative de leur Premier ministre David Cameron pour le Brexit à 51,9% contre 48,1% pour le maintien dans l’Union Européenne.
 
Laquelle UE est dans une situation inédite puisque l’article 50 (qui permet à un Etat de sortir de l’Union Européenne) n’est pas suivi de dispositions concrètes pour organiser la séparation.
 
Au plan syndical, la Confédération Européenne des Syndicats -CES- « s’allie au TUC pour dire que les travailleurs britanniques ne doivent pas payer les conséquences du Brexit ».
 
A l’occasion du Conseil européen des mardi 28 et mercredi 29 juin, la CES s’est donc adressée aux Chefs d’Etats ou de Gouvernements pour que des actions décisives soient prises et notamment :
  • Pour s’assurer que le résultat du référendum ne marque pas le début de l’éclatement de l’UE et ne porte atteinte aux emplois et aux droits des travailleurs,
  • Pour s’attaquer au profond mécontentement des travailleurs en créant une société plus juste et plus égalitaire, investir dans des emplois de qualité, des services publics performants et de véritables opportunités pour les jeunes,
  • Et en matière de population réfugiée, la suspension de l’accord UE-Turquie, la relocalisation effective de 60.000 réfugiés comme décidée il y a un an…
 
La CGT ne peut que se réjouir de cette prise de position de la CES. Cependant, on ne peut occulter les conditions délétères dans lesquelles ce référendum s’est déroulé, coûtant la vie à une parlementaire travailliste. Quarante ans de libéralisme économique, impulsé par les gouvernements successifs du Royaume Uni, et amplifié par tous les gouvernements européens ont alimenté ce rejet massif, expression de la souffrance des masses laborieuses. Et les tractations qui vont suivre ne donneront pas de réponses alternatives aux questions légitimes des peuples européens quant au but, à la nature et au fonctionnement de l’Union Européenne.
 
En écho à cet événement sans précédent, le combat que mènent, en France, les syndicats opposés à la loi dite « travail » dans lequel la CGT est en première ligne, apparaît légitimé par la CES pour laquelle « les emplois de qualité » ne sauraient correspondre au bricolage de l’inversion de la hiérarchie des normes concocté par le gouvernement français, dans le seul but d’organiser le dumping social au sein d’une branche et à l’échelle du pays avec pour corollaire, bas salaires, conditions de travail déplorables, droits sociaux et retraites amputés, chômage de masse plus ou moins déguisé.
 
Ce combat-là n’est pas seulement juste et nécessaire, il est moralement fondé parce qu’il est dignement humain en s’opposant à l’inhumanité d’un système. Ce combat-là vaut bien un référendum ...