Daesh : faire toute la clarté...

Comme dans une célèbre chanson de Renaud, il y a :
  • le Daesh noir qui égorge, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l'humanité, écrase les femmes et les non-musulmans
  • et le second en habit de lumière mais qui fait pareil avec un peu moins de cruauté, relations internationales obligent...
L'Occident fait la guerre à l'un et serre la main à l'autre. Cette négation de la réalité a un prix. Présenter la fameuse alliance avec l'Arabie Saoudite en oubliant que ce Royaume est issu d'une alliance religieuse qui produit, légitime, prêche et défend le wahhabisme, la forme la plus ultra puritaine de l'Islam dont se nourrit Daesh.
 
Qu'est ce que le wahhabisme ? C'est un radicalisme qui prend sa source au 18e siècle et qui veut rétablir un califat avec deux lieux saints : La Mecque et la Medina. Né du massacre et dans le sang, il se manifeste en considérant les femmes comme des sujets, en défendant aux non-musulmans de fouler de leurs pieds ce territoire sacré -les infidèles-. Il se traduit par un rejet de toute image et de toute figuration des individus et de l'art, comme du corps. En voyant l'Arabie Saoudite d'aujourd'hui, on peut dire que c'est un Daesh qui a réussi. Nos relations sont surprenantes, notre allié finance ces mouvements et nous fermons les yeux. Ils sont les sponsors idéologiques de cette culture à travers le monde.
 
Les plus jeunes radicaux ne sont pas nos djihadistes, ils sont formés au sein de la fatwa valley, sorte de Vatican avec une vaste industrie qui produit théologie, loi religieuse, livres. La famille régnante s'agrippe à son pouvoir en finançant ce clergé qui représente sa stabilité ancestrale et qui inonde le monde arabe à travers ses chaînes de TV, ses imams...
 
A partir de là, nous sommes sceptiques sur la volonté des démocraties occidentales de combattre le terrorisme. Cette guerre n'est pas myope. Elle vise les effets pervers mais jamais la cause. Daesh est une culture avant d'être des terroristes. Si l'on veut que les générations futures n'aillent pas vers le djihad, cela ne pourra être fait sans mettre en cause les monarchies du Golfe qui forment, produisent une culture de l'infidèle.
 
Daesh est né d'un père qui est l'invasion de l'Irak et d'une mère l'Arabie Saoudite. On pourra vaincre les batailles mais pas la guerre car renaîtra des mêmes endroits de nouvelles générations élevées avec les mêmes livres et la même idéologie.
                                               -Ces quelques lignes sont tirées d'un auteur algérien (source NYT)-