LA CHARTE POUR L'emploi :
qu'en est-il ?????

Prenant pour référence la charte en faveur de l'emploi sur l'Ile de la Réunion, le président de l'Assemblée de Corse, à grand renfort médiatique, a invité les acteurs sociaux à débattre de son application en Corse.
 
Qu'en est-il exactement de cette charte à l’Ile de la Réunion ?
Cette charte a été signée par M. Valls (M. loi travail), le Préfet de région, chapeauté par pôle emploi et 9 entreprises réunionnaises de plus de 300 salariés mais PAS par les syndicats de salariés –contrairement à ce que dit le Président de l’Assemblée-.
 
Dans une île où le colonialisme a laissé des traces à des milliers de kilomètres de la métropole, où l’égalité de traitements n’est pas appliquée et où subsistent des discriminations tant en matière de salaires qu’en terme d’accès à l’emploi, la charte promet que les patrons pourront être accompagnées en fonction des besoins et des moyens financiers disponibles.
 
L'engagement des patrons !
Les entreprises signataires s'engagent à communiquer à la DIRECCT et à Pôle emploi leurs besoins en emploi. Elles doivent déposer leurs offres d'emploi à Pôle emploi Réunion.
 
L’engagement de Pôle emploi.
A partir des analyses des entreprises, Pôle emploi mobilisera des financements disponibles pour des actions de formation. Le comité de suivi, à l'initiative de l'Etat et Pôle emploi se réunira si besoin, toute nouvelle adhésion d’une entreprise ne se fera qu’avec l’accord de l'état.
Voilà la grande charte qui va révolutionner l'emploi en corse !
Pourquoi ne pas appliquer en Corse ce qui se fait sur l’île de la Réunion, clame le président de l'Assemblée de Corse, lui-même si éloigné du quotidien des chômeurs de cette île. Il n'a pas vu ou voulu voir qu'il s'agissait en fait de faire appliquer les normes métropolitaines, en matière de traitement du chômage et de la formation des sans-emplois, aux grandes entreprises qui règnent sur l’île de la Réunion.
Nous le réitérons : Aucun syndicat n’a été signataire de cette charte. Le résultat de celle-ci correspond à la pratique du gouvernement en métropole dans le rôle qu’il fait jouer à la DIRECCT et à Pôle emploi.
 
En Corse, cette même politique se traduit par 25000 chômeurs et des milliers de précaires. Aujourd’hui, faute de résultats, on met sur le tapis la loi-travail. « Licencier, détruire le droit du travail » serait pour le gouvernement la solution à la crise de l'emploi. Le Président de l'Assemblée devrait choisir d'autres exemples, à moins que ses convictions libérales cachent la même recette : celle de l'exclusion par la corsisation des emplois.
 
Les travailleurs ne se laisseront par berner par des thèses dont le but est de préserver des intérêts particuliers contre l’intérêt général. Les mobilisations en cours avec l'ambition de créer un véritable rapport de force est la seule voie pour changer vraiment les choses, en partant des besoins en terme d'emploi, de salaire, de retraite, de pouvoir d'achat, du droit de se loger, de se soigner : tel est l'objectif de la CGT.