Réflexion sur le statut de résident corse

En Corse, le statut de résident adopté par une majorité d’élus de la CTC, faisant du « non Corse » le responsable de la hausse des prix immobiliers est bien une mesure discriminatoire dont les racines se rapprochent des mesures prônées par le FN. 

Pour la CGT, empêcher un salarié qui ne remplit pas certains critères, d’acquérir un appartement pour loger sa famille est discriminatoire et injuste. Certains proposent même avec force qu’il faudrait résider sur l’île depuis un nombre d’années minimum mais aussi parler et écrire le Corse couramment pour avoir un emploi et le droit de vote. 

Toutes ces mesures discriminatoires et communautaristes tout en favorisant une forme de « bunkérisation » de la Corse contraire à sa culture à ses traditions et à la réalité de notre société, ruineraient tout espoir de progrès social et d’émancipation.

Concernant l’objectif poursuivi par le statut de résident à savoir une plus grande facilité d’accès au logement pour les Corses, de qui parle-t-on ? Surement pas des 100 000 Corses (1/3 de la population) vivant avec le SMIC et moins de 1100 euros par mois. Toutes ces personnes qui rencontrent d'énormes difficultés pour joindre les 2 bouts n'attendent rien du statut de résident mais veulent avant tout un emploi à plein temps, une augmentation de leur salaire ou retraite. Ces Corses modestes risquent même d'en être victimes dans la mesure où cette mesure favorisera une inflation des loyers. Les principaux bénéficiaires de ce statut s'il devait entrer en vigueur, seraient les quelques milliers de riches Corses et le grand banditisme insulaire déjà bien présent dans ce secteur.

Pour permettre à tous ceux qui vivent ou qui désireraient vivre en Corse de pouvoir se loger, la CGT fait des propositions réalistes, justes et non discriminatoires.

  • Rattraper le retard dans la construction de logements sociaux. Ne plus voir ainsi une pauvre retraitée comme récemment à Sartène obligée de s’enchaîner aux grilles de la sous préfecture pour garder son logement.
  •  Mener une politique volontariste pour les primo-accédants et la construction de résidences principales. (PLU réservant une  partie du foncier au logement social, prêt à taux « 0 » jusqu’à 200 000 euros, droit de préemption plafonnant les prix).
  • S’appuyer sur l’établissement public foncier et des dispositions fiscales dont bénéficient la Corse (taux réduits de TVA dans le bâtiment) pour faire de la question du droit au logement une priorité.

Beaucoup se plaignent que notre société perd ses repères, voire marche sur la tête. Ce n’est pas en encourageant les propositions irréalistes et trompeuses que l’on mettra fin à ces dérives, au contraire. La CGT tant au plan Européen que National et Corse continuera de porter les mêmes valeurs de SOLIDARITE et de JUSTICE sociales permettant un véritable vivre ensemble porteur de paix et d’espoir.