HISTOIRE


De Gérard NOIRIEL, « Une histoire populaire de la France », une somme, fruit de 40 années de recherches historiques, consacrées aux classes populaires. Sans priviliégier le point de vue des dominés, Noiriel s'est attaché à analyser la domination « comme ensemble des relations de pouvoir qui lient les hommes entre eux ». Et c'est ainsi qu'il expose une large fresque de l'histoire du peuple français, allant de la guerre de Cent ans à … Emanuel Macron ! Il a compilé, dans un ouvrage accessible à tous, les multiples recherches d'historiens, sociologues, philosophes, tous convoqués pour illustrer un propos rigoureux dans la forme et étayé de références faisant autorité dans la communauté des historiens de métier.
Quelques exemples, pris au hasard, dans ce volume de 800 pages : On découvre que les guildes du Moyen Age, organisées par métiers, ont été les instruments de mobilisation des ouvriers pour animer les grèves, fréquentes entre 1245 et 1320 (au moment de la construction des grandes cathédrales). Les documents historiques étudiés ces 20 dernières années conduisent les chercheurs à considérer que la fin du XVè siècle voit l'émergence du peuple français avec la naissance de l'état défini par le double monopole de l'impôt et de la force publique. Dès lors, les révoltes qui se sont succédées au cours des XVIè et XVIIè siècles ont toutes eu comme moteur une violente opposition à une fiscalité fondamentalement injuste (les Jacqueries de la fin du Moyen Age, une vraie révolution paysanne en 1525 en Alsace, les Croquants au XVIIè siècle, les Bonnets Rouges bretons en 1675 …).
Noiriel, comme Howard Zinn pour les Etats Unis, décrit et explique les phénomènes historiques comme résultante de la lutte des classes, condition commune à tous les peuples. Bref, un livre à lire et à faire lire, sans modération !
Edité chez Agone dans la collection « Mémoires Sociales »